Rue Jean Moulin

Publié le par philippe.maurin.over-blog.fr

 Paru, aux éditions les2encres :

 

"Rue Jean Moulin"

   

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david 23/01/2011 21:28


Dans le temps raffiné de l’enfance, Boris construit son chemin.
Lecteur, je remonte en sa compagnie le chemin tour à tour abrupt, sans concession, mais aussi tendre, recherchant l’émoi et apprenant à vivre un monde où « les gens ne sont pas si méchants »
(p.28). La rue Jean Moulin est un chemin tracé dans l’universel questionnement des enfants qui grandissent. Tout y est presque présent à l’humaine condition : réaliser la différence, faire justice,
découvrir l’exclusion, et puis l’estime, le sens de nos actes et surtout le désir de l’autre. Boris est plein de vie : il vit ces états d’âme comme autant de sillons qui graveront la personne qu’il
devient. Nous autres, adultes, avons depuis longtemps conscientisé et habité ces questions. Mais ces dernières, les vivons-nous encore avec la même confiance dans l’événement, dans le même élan
vital ? Y aurions-nous déjà répondu ? Vraiment ?
Boris sommeille en moi, en chacun de nous. De lire ses aventures et voilà qu’il se réveille en nous, et stimule sans nostalgie la part d’innocence idéale que nous aurions aimé préserver. A ce
Boris-là, je dis, en refermant le livre, doucement, tel un murmure : « Ne te rendors pas tout de suite, Boris, s’il-te-plaît ! Entraîne-moi encore dans ta rue, sur le porte-bagage de ta pensée ?
S’il-te-plaît… » Remonter cette rue à vélo serait dès lors comme remonter l’horloge de nos promesses, celles que nous nous sommes faites enfant ! Remontons la rue …
Philippe Maurin écrit dans une langue épurée, concise, sans artifices ni édulcorants. Le langage de l’enfance ici emprunté évoque avec justesse les recoins tantôt ombrageux, tantôt éclairés des
souvenirs qui s’y raccrochent : les mots parlent l’enfance sans lénifier sa part d’énergie. Les mots écrivent vrais. C’est pour cette raison-là qu’ils me touchent aussi bien. »

Un de mes passages préférés : « Dans sa chute, Boris sentit le froid l’envahir de nouveau, comme tout à l’heure dans le hall de l’immeuble (mais en pire), tout contact soudainement rompu avec
l’extérieur, à l’exception d’un seul pourtant, celui précisément de la main ferme qui s’était saisie de lui sans ménagement, et qui continuait de lui apporter quelque chaleur. Malgré le dégoût
qu’elle lui inspirait, il perçut son rayonnement chaud et doux s’insinuer en lui, courir dans ses veines ; d’abord dans son bras, dans son ventre, et puis dans son cœur, y déposant le souffle de
vie qui lui manquait. Cette main qu’il avait d’abord détestée pour le chaos qu’elle faisait naître, il commença par l’aimer ; de fait, elle lui sauvait la vie. L’aveu le libérerait ; peut-être ne
perdrait-il pas l’amour de ses parents ? Ou sinon, il se rachèterait. L’homme n’était pas armé non plus ; tant et si bien qu’il se résigna. Il vivrait… » (p.46)
David PS


Alexia 23/01/2011 15:48


J'ai bien aimé lire "Rue Jean Moulin" : je suis vite entré dans l'univers de Boris, dont certaines expériences, états d'âmes ou réflexions m'ont rappelés celles de mon enfance. Les dialogue entre
Boris et son copain (Le petit chemin) sont croustillants ; je me suis sentie si proche de Boris au pied de l'immeuble, cherchant comment se débarrasser "délicatement" de son goûter (vieux
souvenirs) et de certains moments de rêveries de l'enfant devant la fenêtre, les mains sur le radiateur chaud...bref, la madeleine de Proust a opéré. Merci pour la fraîcheur de ces instants.


denis Barc 12/01/2011 14:58


Ce qu'il y a d'extraordinaire dans les souvenirs d'enfance, qu'ils soient réels ou fictifs, ou un peu des deux.. c'est cette magie qui opère, qui nous entraîne loin, très loin dans des brumes que
nous ne visitions plus depuis longtemps, si loin, mais d'une manière si familière, si proche que Boris en fin de compte, c'est aussi une peu nous, un peu de soi.
Cette magie, Philippe l'a fait très bien vivre et son récit, ses histoires ont cette saveur, ce gôut tendre et sucré d'une histoire qui a compté.


MAURIN Nicole 27/12/2010 09:08


J'ai bien aimé. J'ai fait un bond en arrière d'une quarantaine d'années.
Il faut continuer.


François 25/12/2010 23:08


J'ai lu "rue Jean Moulin" et je me suis senti retouner 40 ans en arrière et revoir avec nostalgie et bonheur certaines scènes enfouis dans un coin de ma tête et à la fin de ma lecture je me suis
dit que je serais heureux de retrouver Boris comme Antoine Doinel dans les 400 coups pour d'autres aventures car il est dur de quitter ce petit bonhomme